Départ

pour l’aventure

      Après relecture de ces quelques  épisodes, je me dis que nous avons eu de la chance de pouvoir  vieillir sans regret pour notre âge, pour nous permettre de plonger au plus profond de notre mémoire afin d’y trouver tous les témoignages nécessaires à l’écriture de ce livre. Pour ce grand départ pour l’aventure, nous avons voulu nous reporter à une période haute en couleur, celle de Sacha Guitry ce grand amoureux des femmes qui fût marié cinq fois. N’eut t’il pas dit a ce propos :

« Vous ne pouvez pas savoir ce qu'on s'ennuie à Londres un dimanche ! Je m'y étais rendu le samedi, c'était déjà intolérable, le dimanche, c'était impossible, et le lundi je trouvai enfin quelque chose à faire : je me mariai. » .

      Nous avons connu une de ses femmes dont il divorça le 5 avril 1939,  Madame Jacqueline Delubac qui avait vendu les diamants que lui avait offert Sacha Guitry pour acheter des tableaux  qu’elle à légué plus tard  à ce qui est devenu son musée. Et cette chère Arletty dont la beauté n’à fait que s’accentuer avec le temps, elle n’à jamais su garder sa langue dans sa poche, on se souvient des célèbres répliques de l’actrice, avec son accent bien parigot qui à ce jour n’ont pas pris une ride. Peut-être lui ont-elles permis de ne pas être tondue à la libération……

      Nous avons également rencontré Maurice Chevallier au Fouquets, nous étions en admiration devant autant d’élégance, costumes à rayures chaussures en crocos il était toujours en représentation. Il fût le pionner du Music-hall en France à 80 ans, il entreprit une tournée mondiale pour ses adieux.

      En faisant référence à ces quelques artistes prestigieux on à l’impression de remonter très loin dans le temps il faut savoir que Maurice Chevallier est décédé en1972, jacqueline Delubac 1997 et Sacha Gutry en 1957.

      Quant à notre aventure,  elle démarrait dans les années 70.

      Bon, soyons honnêtes : de nos jours, la façon de s'habiller des hommes est relativement ordinaire pour ne pas dire débraillé.  Mais ce n'était absolument pas le cas dans les années 70  ou c’était la folie des couleurs et des paillettes même pour les hommes. C’était aussi la folie des spectacles et la grande vogue des Casinos.

Après avoir arrêté le secrétariat d’artistes,  un imprésario qui organisait les tournées dans les casinos nous proposa de prendre la Direction Artistique du Casino de Canet Plage qui connaissait sa grande époque de par sa situation géographique  près de la frontière espagnole.

L’Espagne vivait des heures tristes voir sombre sous le  régime de Franco.

      Je me souvient d’y avoir passé une période de mes vacances ou toute les femmes étaient sur la plage en maillot une pièce de couleurs noire, les plages étaient surveillées par des gendarmes et l’ambiance était plutôt « Pompéienne » après le séisme, que chaleureuse comme le seraient des vacanciers sur une plage de sable blanc avec en toile de fond une mer d’huile légèrement bleutée.

      Les Espagnols bien connus pour avoir le sang chaud, déferlaient régulièrement dans les casinos proches de la frontière. Attirés par les jeux et le sexe,  il ne manquait sous aucuns prétextes les nombreux Strip-teases étaient à l’affiche de l’établissement. Certaines de ces artistes se prenaient pour de véritables stars, elles trônaient sur de grandes affiches arborant un corps totalement dénudé jambes entrelacées juste pour laisser deviner ce qui n’était pas montrable du point de vue moral, le tout en « cinémascopoilavision ». On lisait sur leur visage qu’elles n’étaient pas du genre à patienter à l’hôtel en attendant l’heure du spectacle pour le grand bien de nos espagnols fougueux.

      Nous avions en charge de gérer ces demoiselles que nous engagions pour une durée d’un mois à se produire chaque soir sur des musiques symphoniques rehaussées d’un décor « tati-Lidl-visions ». Dans cet écrin de lumières tamisées elles s’immisçaient dans la peau de stars internationales. Nous étions il est vrai assez jeunes pour occuper cette fonction de Directeurs Artistiques d’autant que nous sortions tout juste de missions auprès de personnes très connues tels que Régine, Peter-Holm, Nicoléta, Claude François, Joe Collins, etc.………au début,  cela nous poussait parfois à rire,  c’était à la fois une découverte, une curiosité et une expérience, mais à la longue nous sous sommes vite aperçu du coté malsain  , nous devenions très vite « mal-aimable ». Une fois le show terminé,  c’était « mesdames au salon » il fallait qu’elles soient rentable pour justifier leur cachet. Il fallait les voir en clientèle jouant des papilles aux cils trop chargés de rimmel, réajustant leurs postiches après le passage des grosses mains viriles de leur  Hidalgo mal rasé excité comme un phoque assis sur sa banquise. Ces messieurs d’un soir qui offraient largement du champagne pour émoustiller leur demoiselle n’avaient qu’une idée en tête : disons le de façon imagée, « il leur parlait de la côte normande, alors qu’en réalité,  ils voulaient aller droit au Mont-Saint-Michel mais,  bien que toujours en travaux,  ils n’hésiteraient pas à prendre la petite ruelle ».

      Heureusement,  nous avions des programmations de vedettes dans la grande salle,  nous y faisions de nombreuses soirée à thème dont la première était Russe, nous y avons dansé le Kasatchok en compagnie d’un grand chanteur allemand d’origine Russe le grand Yvan Rebroff  venu nous rendre visite. Nous étions loin de penser que bien plus tard, nous ferions partie de la même maison de disques. Nous avons également reçu Jacques Brel, fatigué,  il venait de terminer les représentations de « l’homme de la Mancha » il en avait d’ailleurs gardé la coiffure. Ce fut un bon et délicieux moment. Il nous confia  qu’il ne voulait plus faire de spectacles et qu’il allait partir pour les Îles avec Madly que nous connaissions lorsqu’elle était la capitaine des Claudettes à l’époque ou je travaillais avec Claude François. C’est dans l’avion qui nous emmenait de Munich à Milan, en tournée avec la Star que Madly et moi  avions décidé de le quitter. Plus tard sur tous les murs de Paris,  on pouvait voir une affiche de film avec un titre énorme : « MADLY ». Nous avons également rencontré Charles Trenet dans un restaurant que nous fréquentions nos soirs de repos.

      Nous nous sommes très vite rendu compte que le Casino ne serait pas un tremplin ni une  référence pour notre carrière, nous avons donc terminé notre contrat et nous nous sommes investis dans les « promos-dance ».

      C’était la grande folie du Casatchoc avec   Rika Zarai, je me souviens d’une anecdote au cours d’une émission de variétés ou était programmé ce cher Pierre Doris  à l’humour grinçant, Rika le compara à un fruit « le  Sabra » qui est un cactus épineux à l’extérieur et doux à l’intérieur et lui dit pensant lui faire un compliment : je te nomme Sabra d’honneur… ! Nous avons débuté cette aventure en participant au lancement du Kasatchok.

      Puis ce fut avec Régine pour promotionner le « Rock-Steady ». Ces deux expériences nous ont permis d’acquérir une certaine notoriété dans ce domaine et nous avons continué.

      Départ pour la Côte-d’Azur, le Palm-Beach de Cannes ou nous promotionnons la danse du « Lem » de Joss Baselli avec Claudette Walker grande   chorégraphe professionnelle qui a inventé cette danse, entre nous pas terrible en hommage à l'exploit de Neil Armstrong l'un des astronautes de l'agence spatiale américaine, la « Nasa »qui à été le premier à se marcher sur la lune en juillet   1969.  A l’issue des ces opérations une tournée se crée dans toutes les discothèques en vogue à cette époque, jusqu’au jour ou un monsieur nous à demandé de venir lui rendre visite à  son bureau de l’avenue de l’annonciade à Monte-Carles. Sur sa carte de visite, il était inscrit : Daniel Marouani.

      Cet homme en dehors d’être le premier de la lignée des Marouani  les plus grands agents artistique de l’époque était en 1939 un ancien résistantet frère de l'agent de Joséphine Baker, qui la présentée à Jacques Abtey, officier du 2ème bureau, au service des renseignements ...

      Nous étions très intrigués par ce rendez-vous. Arrivé devant l’immeuble une étrange sensation de trac nous envahis. Une fois franchi la porte d’entrée,  nous sommes accueillis par une charmante secrétaire qui nous emmène directement chez monsieur Marouani.

      Assis derrière son bureau, nous découvrons un monsieur d’une très grande élégance, cheveux blancs petite moustache bien taillée vêtu d’un costume gris perles avec au pied des chaussures d’appartement : Une ressemblance avec Walt Disney en plus imposant.

      Après nous avoir demandé de nous asseoir, il nous a donné ses impressions sur ce qu’il avait vue de notre prestation et nous conseilla vivement de créer un spectacle style Alcazar dans les plus brefs délais, car il avait une demande pour Istanbul. Comme nous n’avions pas de nom pour notre groupe il décida de nous appeler « LES ARISTOCRATES » c’était le nom d’un groupe de rock des années 60 qu’il avait créé  qui n’ont connu qu’un succès d’estime. Ils se sont séparés après leur création. Il a pensait que ce nom nous irait très bien et nous porterait chance.

      Nous avions donc un imprésario et pas des moindres, un nom sans équivoque, et un contrat pour débuter. Nous nous sommes donc mis au travail………

La suite au prochain épisode.

 

.