Mon histoire avec Josephine Baker

Joséphine

BAKER

 

Nous sommes arrivés au moment ou  « La Formidable histoire des Aristocrates »  va commencer.

 

 

      Mais avant  je voudrais vous parler d’une «très grande Dame » que j’admirais depuis le premier jour ou je l’ai rencontrée. J’avais 15 ans  la première fois que ma Grand-mère et ma mère en compagnie de ma tante Yvonne m’emmenèrent passer une journée aux Milandes au château de Joséphine Baker. Je connaissais déjà la grande carrière de Joséphine, j’écoutais ses chansons à la radio, je savais le bien qu’elle faisait autour d’elle mais j’étais loin de penser qu’un jour elle s’intéresserait à la vocation qui sommeillait en moi et qu’elle me prendrait sous son aile protectrice pour aller plus loin dans ma passion. Elle avait su parler à ma mère et lui faire comprendre qu’un jour je deviendrais un artiste malgré tout, et qu’il ne servait a rien de contrarier une vocation qui pourrait se cultiver en parallèle avec les études.

      J’entends encore ses paroles lorsque nous arrivions au château plus précisément sur la place « J’ai deux amours », vêtue sobrement ses cheveux recouvert d’un foulard noué à l’arrière ses yeux cachés derrière d’épaisses lunettes noire, elle me disait :

«Mon petit viens voir maman Joséphine, j’ai plein de choses à te raconter »

      Ainsi je passais régulièrement des moments inoubliables parfois au milieu de ses enfants qu’elle avait adopté, d’autres fois seul avec elle dans son bureau ou elle se plaisait à me montrer des photos de ses spectacles qui me faisaient rêver. Elle à été pour moi le déclencheur de cette passion qui est devenue réalité.

      Elle avait réunit une partie de sa famille qui travaillait au village sa sœur s’occupait de la Boulangerie, son frère de la ferme elle avait acquit la totalité du village entourant le château, il y avait un théâtre, deux hôtels, deux restaurants, une guinguette, une ferme model, un bureau de poste, une pompe à essence et un terrain de sport. La première fois que nous nous sommes rencontrés elle m’à fait visiter tout le village  en faisant une halte à la boulangerie ou elle m’avait offert une brioche « façon Joséphine ». Elle avait même fait goudronner les routes et installer l’électricité pour tous, sans oublier l’eau qu’elle faisait venir de plusieurs sources. Elle employait en 1954 118 personnes dont 18 jardiniers.

      Jo Bouillon son mari avait une très belle Auberge à Souillac « Les Granges vieilles » ou j’allais de temps en temps lorsque Jo répétait avec son orchestre. Joséphine avait demandé à son mari de m’inviter souvent aux répétitions car elle savait que c’était pour moi des moments importants pour me familiariser avec le monde du spectacle d’autant que souvent elle venait mettre au point son propre spectacle.

      Le 19 août 1961 je fût invité aux Milandes avec mes parents,  ce jour là dans le parc du château elle recevait la légion d’honneur et la croix de guerre avec palmes des mains du commandant en chef des Forces aériennes Françaises libres le Général Martial VALIN arrivé par hélicoptère.

      C’était pour moi du haut de mes 18 ans une journée mémorable, un privilège unique sans précédent d’avoir été témoin de  ce grand jour ou la France reconnaissait et récompensait le courage d’une très grande résistante à la cause de notre pays. Il était important de faire comprendre qu’elle n’avait pas été seulement une danseuse de music-hall devenue célèbre grâce à ses danses endiablées et ses pitreries mais surtout pour son passé de résistante sur lequel elle à toujours été discrète, sans oublier son combat contre le racisme et la discrimination.

          La journée fût très festive après la cérémonie et les chants patriotiques nous fument convié à un déjeuner dans la grande salle du restaurant. Le soir venu magie opère nous retrouvions dans son petit cabaret notre grande Joséphine vêtue  de strass de paillettes et de plumes qui nous offrait en guise de remerciements   un show d’une heure et demi qui se termina sur « J’ai deux amour » comme pour nous faire oublier que « la poudre des canons  et la maltraitance  des nègres » n’avait jamais entaché cette rage de vivre et de chanter l’amour universel.

      J’ai eu la chance de la revoir après plusieurs années à Monte-Carlo avec Cyril au Sporting-Club en 1974 à l’occasion du « bal de la Croix-Rouge » dans un show extravagant imaginé par André Levasseur écrit par Jacques Brialy qui racontait l’histoire de Joséphine à travers une série de tableaux résumant sa vie : son enfance, la Revue Nègre, son engagement dans la résistance, etc.……..Tout le monde espérait que si c’était un succès, le spectacle serait présenté un jour sur Paris. Et ce fût un succès, nous en étions très fier d’autant que dans sa revue s’y trouvait une de nos danseuses « mimi ». Je revois encore Joséphine arrivant sur scène dans une calèche tout de blanc vétue avec une capeline en chantant sous le sourire très admiratif de la Princesse Grâce que nous avions remarqué depuis notre table pas très loin de la sienne, cette magnifique chanson : « Monte-Carlo » accompagnée par le grand Orchestre Aimé Barreli. A la fin du spectacle nous sommes allés la retrouver dans sa loge, elle avait une petite perruque brune à la Jean Seberg des lunettes noire elle s’est excusée prétextant qu’elle avait mal aux yeux mais c’était surtout pour cacher les poches dues à une fatigue excessive. Elle nous invita tous « chez  Régine »pour un diner d’amitié et de remerciements pour les soutiens que nous lui apportions dans son combat. Une fois installé à table elle s’est tournée vers nous en nous disant «  mangez mes enfants c’est maman Joséphine qui vous invite ». Elle à toujours été très généreuse, trop car elle à mis en péril son domaine, Un jour le Général De Gaulle à voulu lui faire donner de l’argent pour sauver le château et Joséphine lui à répondu : « mon Général c’est très gentil, très aimable, très délicat mais la France n’à pas a payer mes bêtises »

      En mars 1975 Joséphine de plus en plus endettée remonta à 69 ans sur la scène de Bobino. Nous étions alors en  tournée à l’étranger, nous avions programmé d’aller la voir  en avril malheureusement un contretemps ne nous à pas permis de nous y rendre. Le 10 avril elle a été transportée à l’hôpital de la Salpêtrière, le 12  avril Joséphine nous quittait terrassée par une hémorragie cérébrale.

      Des funérailles nationales furent décrétées. Le cortège passa une dernière fois devant Bobino sa dernière scène ou brillait encore son nom en lettres de feu. De nombreuses célébrités l’ont accompagnée dont la Princesse Grace, ainsi que Sophia Loren .Le mythe venait de disparaître à jamais.

      Joséphine resta pour moi le souvenir d’une deuxième maman qui à veillé sur mon avenir, je lui dois le courage et le talent qu’elle m’a insufflé pur mener a bien 43 années de spectacle avec la complicité de mon grand ami  Cyril.

      Je ne pouvais pas ne pas écrire cette période qui à marqué à jamais mon existence, tout au long de ma carrière j’ai toujours eu une pensée pour Joséphine et sa photo ne m’a jamais quitté tel un porte-bonheur de celle qui m’à révélé.

A propos du Chateau des Milandes

29. Juil., 2016

Le Label "Maison des Illustres"

Le château des Milandes, troisième Maison des illustres en Dordogne.

Angélique de Saint-Exupéry à racheté le château et lui a redonné toute sa magnificence. JOSEPHINE sera toujours dans nos cœurs. GERALD vient de terminer cet épisode de "nôtre vie" Le Château viens D'obtenir
le label « DES MAISONS ILLUSTRES "


Le label « Maison des Illustres », décerné par le Ministère de la Culture et de la Communication, vise à faire connaître des lieux ouverts au public, dont la mission principale est de transmettre la mémoire d’hommes et de femmes ayant influencé l’histoire régionale et nationale, d’un point de vue politique, social ou culturel.

Bien cordialement,

gerald chabrat sauteraud