Et voilà MAI 68.

Un esprit révolutionnaire s’installe et bloque la France . Gérald et moi avions notre adresse à Neuilly ce n’était qu’une adresse dite professionnelle car il s’agissait d’une chambre de bonne  là ou tout avait commencé un soir où rentrant de gala avec F.ALAMO , un ami m’avait demandé d’aller saluer  un de ses amis, ce qui ne m’enchantait guère car nous étions en retard sur un autre rendez-vous. Une fois arrivés au dernier étage de l’immeuble sans ascenseur nous avons timidement frappé  à la  porte de Gérald je suis entré et jamais je n’en suis ressorti.

 A cette période, cela n’était pas une bonne idée vu notre âge d’habiter un cartier aussi « chic ».Les bourgeois condescendants devenaient agressifs voir limite car à cette époque on ne pouvait pas être jeune sans être affublés de toutes les horreurs du genre,  voyous,  gauchistes révolutionnaires et j’en passe. Arès plusieurs jours la nourriture commençait à manquer et certains endroits sélectionnaient leur clientèle et abusaient sur les prix. Nous avions dans l’immeuble une concierge formidable Malix,  elle ressemblait à une des fées de (cendrillon) la plus Rondelette, elle nous aimait beaucoup ce qui était réciproque elle s’arrangeait toujours auprès d’autres personnes pour que l’on  ne manque de rien. Gérald qui à toujours été très doué de ses mains, s’improvisait coiffeur pour faire quelques sous. Dans notre immeuble habitait un conseiller du Général de Gaulle et deux artistes un peu rétro jeannette BATTY que je revois toujours  avec une certaine émotion dans le film « La Traversée de PARIS » avec  JeanGABIN  De FUNES et BOURVIL. Quant à son mari  Henri GENES  il avait  avait été une grosse vedette qui avait fait ce que l’on appelait des tubes  « La tantina de Burgos, La caissière du grand café  etc.…. » Ils vivaient tous les deux dans un appartement très chic Parisien. Nous avions également Fred Méla le soliste des « Compagnons de la Chanson » il ne fallait pas trop compter sur leurs générosité. Lorsque les temps devinrent très  difficiles il fallut partir en « stop »  d’abord chez mes parents en Normandie, puis retour a PARIS et enfin direction le Périgord (toujours en « stop ») fatigué, peu de moyen, avec en plus Ursulla  notre petite chienne en plein cycle des « petites choses de la vie » qui tachent les vêtements.         Arrivé à Uzerche la ville de notre amie BABETTE, nous restons coincés. Bien loin de SHEILA et son journal où j’ai fais mes débuts de « gribouilleur »,  bien loin de la porche blanche de Frank ALAMO.  Gérald décida d’appeler sa maman à 80km de là qui est venu nous chercher en taxi. Enfin nous sommes arrivés très tard chez les parents de Gérald. Sa maman Jeanne  et sa grand-mère Maria dont le grand cœur bat encore de générosité dans nos oreilles nous accueilli comme deux enfants qu’ils savaient perdu dans la tourmente des événements. Dans ce village que je trouvais magnifique, j’allais admirer le coucher du soleil sur la place de l’église et contempler les monts d’Auvergne. Rien n’était aussi beau à cette époque ou il faisait bon vivre.

 A la fin des événements nous sommes retournés à PARIS, mais nous n’avions pas le sous il fallait trouver un moyen pour vivre, et pour se nourrir. Je me souvient  de cet hiver très froid en petites vestes traversant Paris avec « 1 franc » en poche de Port Royal  passant devant « chez REGINE » à Montparnasse où les rires des noctambules d’une certaine jeunesse dorée se faisaient entendre, ainsi que les claquements de portières de luxueuses voitures qui cherchaient a se garer. En arrivant au bas des Champs Elysées, transi de froid nous avons partagé un café à deux.

 Nous l’avons faite notre « traversée de PARIS » il ne faut pas croire que cela était  différent pour les autres jeunes de notre âge, l’après MAI 68 avait définitivement fermé les portes.