Episode 2 CYRIL

PARIS…. !   Le mot magique pour tous ceux qui aspirent à la réussite.

J’avais du mal à quitter ma Normandie, passionné par son histoire, par ses nombreuses églises ses cathédrales où j’allais souvent me recueillir à la mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour sauver notre pays.

Entre un beau père sculpteur sur pierre qui avait réalisé entre autre la clé de voute de Saint-Pierre inaugurée par le Cardinal  Roncali  (futur jean XXIII) ainsi que les stèles des martyrs de CAEN, et les endroits où le Général de Gaulle avait « posé » les pieds en Normandie au  débarquement. C’était « la belle époque » pas encore celle du disco, mais une période de la vie  parsemée d’insouciance. Il n’était pas question pour moi de suivre la voix que ce cher beau père voulait m’imposer, décision prise je décidais de fuir! Avec un billet sans retour, un 1er avril je débarquais à PARIS.

 C’est là que j’ai débuté comme chroniqueur dans le journal d’une vedette, que l’on appelait « yéyé » que j’ai  rencontré  en compagnie de quelques  personnalités  du show-biz.

Les artistes de l’époque étaient « chics » je me souviens de Maurice Chevalier que je côtoyais au Fouquets .chaussé de « croco » tout comme Charles Trenet que connaissait bien Gérald.

Paris ville lumière ses Champs Elysées, Saint-Germain des Près et le quartier des halles.

J’habitais à l’époque dans le 15e, c’’est là que deux producteurs qui rentraient du canada avaient ouvert un restaurant « Night-club » où se retrouvaient des artistes connus. C’est là également que j’ai rencontré Frank Alamo ainsi que Gérald  comédien et qui était assistant réalisateur a ce que l’on appelait alors l.O.R.T.F.

            Un jour Alice Sapritch me recevant chez elle m’expliquait que l’on devait commencer par ST Germain des Près car c’était un des endroits de la capitale le plus fréquenté par les toutes sortes d’artistes, ce que j’ai fait rapidement et je ne l’ai jamais regretté.

 Un soir j’ai été confronté à une réalité de la vie qui m’est arrivé en pleine figure,  en sortant du Café de Flore avec Gérald ou les artistes se retrouvaient régulièrement au premier étage, je fus surpris et choqué a la vue de quelques jeunes de notre âge le visage ensanglanté, je ne pouvais tolérer cette image choquante sans m’informer sur l’origine des faits.   

C’était le début de MAI 68.

Gérald et moi avions pensé qu’il était de notre devoir de nous rendre utile et nous avons  rejoint les rangs de « la Croix Rouge Volontaire ».

 A la Bastille on demandait aux  personnes trop  curieuses de rentrer chez elle car il y avait des grenades lancées sur les toits qui retombaient en laissant une couleur quelques peux marrons et une odeur de chocolat. Les médecins présents  nous avaient placé des pansements sur la bouche et le nez, afin de nous préserver de ces gaz très toxiques qu’ils disaient avoir servi au Vietnam. Nous nous sommes retrouvé avec des sortes de  croutes sur le visage et des problèmes respiratoires prolongés.  Nous avons malgré tout enchaîné sur la rue Monge et gay Lussac. C’est là que que j’ai assisté à une scène magnifiquement incroyable.

Lorsque j’étais enfant j’allais souvent le dimanche au cinéma « des curés » regarder un film en noir et blanc. Je me souviens tout particulièrement d’un film sur « la vie d’Henri Dunant » on y voyait cet homme magnifique de générosité déambulant sous les bombardements en agitant  un drapeau blanc avec une croix rouge pour  que les assaillants cessent d’envoyer leurs projectiles  afin de permettre aux nombreux blessés de se mettre à l’abri. 

Ce soir là alors que les habitants jetaient des bouteilles de spiritueux depuis les étages des immeubles afin d’enflammer les barricades, une femme voulant traverser la rue  pendant que les CRS repoussaient les manifestants, pris  un projectile dans une cheville, et tomba a terre sans pouvoir se relever. N’écoutant que son courage Gérald saisissant un drapeau de la croix rouge parti sous les projectiles pavés et grenades confondus. IL arriva enfin prêt de cette dame la releva et la conduisis comme il le pouvait de l’autre côté de la rue, puis me rejoignit jusqu'à la barricade toujours sous les projectiles. Quel formidable courage qui fût applaudit par les habitants depuis  les fenêtres des immeubles.

 La nuit fût longue, au lever du jour nous nous sommes fait arrêter à la Tour Eiffel par des motards dont un portait une moustache qui nous rappelait étrangement un certain « Adolphe » qui nous a dit :

« Si vous revenez ce soir, nous vous attendrons avec des balles réelle ».

Quelques jours plus tard c’était une l’incroyable marée humaine sur les Champs-Elysées pour soutenir le Général de Gaulle mais ceci est une autre histoire… !.